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Le Menhir de Saint-Duzec           Peulven Sant-Uzeg

 

Cette page contient 10 (dix) photos et gravures; veuillez patienter le temps du chargement;  ... Ar bajenn-man ez eus 10 (dek) skeudenn ha tresadenn enni; m'ar plij, gortozit un tamm e-keit emaint o kargen ...

* Chevalier de Fréminville (1837) : 

" Si en sortant de cette ville (Pleumeur-Bodou), nous nous dirigeons au nord, en nous approchant de cette partie de la côte qui regarde les Sept-Iles, nous rencontrons au bout d'une lieue et demie, sur la route qui conduit a Plœmeur, un de ces monuments curieux qui constatent le passage d'une religion a l'autre, et qui nous expliquent, jusqu'à un certain point, par quels moyens un changement si important, un événement si grave dans l'histoire des nations, a pu être effectué dans l'Armorique.

C'est un Men-Hir des plus considérables puisqu'il n'a pas moins de vingt-quatre pieds d'élévation, sur dix pieds de largeur à sa base. Cet obélisque quoique brut présente naturellement la figure d'une aiguille a peu près quadrangulaire, et dont le sommet est terminé en pointe obtuse. Son poids total, d'après le cubage, est de 195,740 livres; on peut d'après cela se former une idée des efforts qu'ont dû coûter son extraction de la carrière, son transport et son élévation".

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Le menhir, vu du côté nord Ar peulven, gwelet diouzh an hantronoz

 

Dessin extrait des Antiquités des Côtes-du-Nord, du Chevalier de Fréminville. 1837

 

Le menhir, vu de face sud-ouest Ar peulven, gwelet diouzh ar mervent

* Chevalier de Fréminville (1837) : 

suite.

" Au sommet de ce monolithe celtique, qui fut sans doute du nombre de ceux dont on faisait l'emblème de la divinité, on a dans des temps postérieurs placé une croix de pierre. Mais en outre, pour achever de sanctifier le culte idolâtre que le peuple de la contrée lui rendit longtemps encore, pour diriger sans qu'il sen doutât même ses vœux et ses adorations vers la religion véritable, on a couvert une de ses faces des symboles du christianisme, de ceux de la passion de Jésus-Christ.

Ainsi du haut en bas du Men-Hir sont sculptés d'une manière grossière mais distincte, d'abord une figure de femme en pierre, ayant sur sa tête un coq, puis de droite et de gauche une lune et un soleil. A ses deux côtés sont deux verges en croix et une échelle. Au-dessous de celte figure est une sainte face, ayant d'un côté la lance et l'éponge en sautoir, de l'autre un marteau. Plus bas encore et vers le milieu à peu près du Men-Hir, on voit un grand crucifix et à quelque distance, au-dessous encore, une figure de la lune.

Tels sont les emblèmes par lesquels d'anciens missionnaires ont donné une apparence chrétienne à un monument du paganisme. Nous avons vu déjà d'autres faits analogues dans quelques pierres druidiques des autres parties de la Bretagne, mais dans celle que nous décrivons ici, ils sont mieux caractérisés et ne peuvent laisser aucun doute sur les motifs de ceux qui y ont tracé ces symboles vénérables.

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Carte postale

Édition Hamonic. St Brieuc. N° 1184

Cachet de la Poste : date tronquée : 1930 (?)

Collection personnelle JC Even. Copyright.

Kartenn-bost

Ti-embann Hamonic. St Brieg. Nn 1184

Siell an Ti-bost : deiziad disveget : 1930 (?)

Dastumm  dre e un  JC Even. Miret strizh.

Extrait de Visages de la Bretagne. 1941

On y voit encore les peintures du Christ en croix, aujourd'hui quasiment effacées.

Seuls les outils de la Passion (en relief) sont encore visibles..

Relevé photographique

Le soir du vendredi 21 février 2003

Dastumadenn skeudennoù

Abardaez digwener 21 a viz C'hwevrer 2003

(JC Even. Copyright)

 

Le menhir pris de l'autre coté du vallon, au ...télé-objectif, près de la chapelle de Saint-Duzec.... ( environ 300 mètres)

Le menhir se trouve au centre de la photographie

Ar peulven tennet diouzh an tu all  ar c'hlann, gant ur bell-werenn-bal, e kichen chapel Sant Uzeg, (damdost da 300 metrad)

Ar peulven en em gav er c'hreiz ar skeudenn

 

Vue d'ensemble du menhir, sous l'angle nord-ouest Ar peulven, gwellet en e bezh, diouzh gwalarn

 

La partie haute du menhir Tamm krec'h ar peulven

* Chevalier de Fréminville (1837) : 

suite.

" Il est certain que si les premiers apôtres de notre religion n'avaient employé de pareils moyens pour tromper la superstition des Celtes et les amener insensiblement à un changement de croyance, jamais peut-être ils n'eussent pu réussir à introduire chez eux le christianisme. Il était certainement impossible d'extirper brusquement et d'une manière violente, un culte tel que celui que les druides prêchaient aux peuples de la Gaule, culte qui, basé principalement sur l'examen des phénomènes de la nature et sur les lois de l'astronomie, existait de toute antiquité et remontait peut-être aux époques les plus voisines du déluge. Il a fallu, pour le faire disparaître, avoir recours à des moyens mixtes, a des fraudes pieuses, à des mutations insensibles et surtout s'en raporter au temps. Ainsi, des croix, des bas-reliefs relatifs a la religion nouvelle, furent placés sur les Men-Hirs et les Dolmens, monuments grossiers mais éternels de la religion des premiers âges; la fontaine, le chêne sacré furent dédiés à quelque saint, et l'on y plaça son image et lorsqu'ensuite l'humble chapelle remplaça le temple consacré au soleil, la maîtresse vître dirigée vers l'orient, y tint lieu de l'ouverture circulaire qui dans le temple païen recevait de ce côté les flots de lumière de cet astre à son lever, quand à chaque aurore, le peuple assemblé venait saluer et célébrer, par des chants d'allégresse , le retour du jour et l'apparition sur l'horizon de ce disque radieux".

(suite plus bas)

 

Les dessins sculptés vus en détail Ar gizelladurioù gwellet a-dost

* Chevalier de Fréminville (1837) : 

suite.

On peut juger jusqu'à quel point les antiques idées religieuses demeurent enracinées dans le cœur des mortels, par le temps considérable qu'il a fallu pour que la religion chrétienne remplaçât entièrement le paganisme dans la Bretagne, où son introduction éprouva plus de résistance que partout ailleurs. Ce fut vers la fin du quatrième siècle que ses premiers apôtres apparurent dans l'Armorique, et pourtant dans le milieu du septième, les habitans de cette contrée étaient toujours plongés pour la plupart dans les ténèbres de l'idolâtrie. Dans les retraites des forêts, le peuple allait encore chercher les monuments du. culte druidique, objets de son antique vénération. Là il se livrait à toutes les pratiques de sa religion primitive, que le christianisme avait proscrites sans pouvoir les faire oublier ; nous en voyons la preuve dans les canons d'un concile tenu à Nantes en 658, lequel tonne contre les adorations du peuple, à l'égard de certains chênes et de certaines pierres cachées au fond des bois, devant lesquels on allait allumer des brandons et porter des offrandes. Par l'arrêt de ce concile, il est ordonné aux évêques armoricains de faire arracher ces arbres sacrés et de les brûler, de renverser les pierres et de les jeter dans des endroits si cachés, que les paysans ne pussent jamais les retrouver. Cet arrêt ne put être exécuté que difficilement et seulement d'une façon partielle, mais il suffit, au reste, pour nous expliquer la cause des mutilations considérables que nous avons remarquées dans beaucoup de nos monuments druidiques.

Mais ces moyens furent bien insuffisants pour éteindre dans les campagnes le foyer de l'idolâtrie; il y existait encore plus d'un siècle après, ainsi que nous le prouve ce passage d'un capitulaire de Charlemagne, rédigea Aix-la-Chapelle; il dit :

« A l'égard des arbres, des pierres ou des fontaines, où quelques insensés vont allumer des flambeaux et pratiquer d'autres superstitions, nous ordonnons que cet abus si criminel et si exécrable aux yeux de Dieu, soit aboli et détruit partout où il se trouvera établi ».

Dans un autre capitulaire de cet illustre empereur, il est dit encore :

« Que s'il se trouve dans une paroisse, des infidèles qui allument des flambeaux et qui rendent un culte religieux aux arbres, aux fontaines et aux pierres, le curé qui négligera de corriger cet abus, doit savoir qu'il se rend coupable d'un véritable sacrilège. »

Telles furent les mesures que Charlemagne fut obligé de prescrire contre les superstitions et les pratiques idolâtres qui dominaient encore ses sujets au commencement du neuvième siècle, c'est-à-dire quatre cents ans après l'introduction du christianisme dans la Bretagne. Mais malgré la sévérité des ordonnances , malgré la toute-puissance de ce grand prince, elles furent encore insuffisantes. On sait qu'au dix-septième siècle même, l'idolâtrie était encore exercée dans l'île d'Ouessant et dans plusieurs paroisses de l'évéché de Vannes. Enfin, aujourd'hui même encore , combien n'en retrouvons- nous pas de traces dans les croyances superstitieuses des habitans de nos campagnes !

Il est donc très-possible que les figures sculptées en relief sur le Men-Hir de Plœmeur, ne l'aient été qu'à une époque peu éloignée, pour donner aux yeux de la multitude une direction orthodoxe au culte qu'on rendait obstinément dans le pays à ce monument païen. Ces figures , je le crois, ne peuvent remonter au-delà du seizième siècle , et peut-être même ne datent-elles que du dix-septième".

 

Le menhir sous un ciel de neige. 

le 04 mars 2004 

Ar peulven dindan un oabl erc'h, 

d'an 04 a viz meurzh 2004

 

le 19 avril 2009 

d'an 19 a viz ebrel 2009

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