Encyclopédie Marikavel-Jean-Claude-EVEN/Encyclopaedia/Enciclopedia/Enzyklopädie/egkuklopaideia

d'ar gêr ! ***** à la maison ! ***** back home !

Noms de lieux * Anoioù lec'hioù

Noms de personnes * Anaoioù tud

Breizh

Bretagne

 

Bro-Gernev

Cornouaille

  Konk-Kernev

Concarneau

 
pajenn bet digoret e 2004 page ouverte en 2004

* forum du site Marikavel : Academia Celtica 

dernière mise à jour 05/09/2016 19:49:52

Définition : commune de la Bretagne historique, en Bro-Gernev  / Cornouaille; évêché de Quimper.

Aujourd'hui dans la région économique dite "de Bretagne", département du Finistère, arrondissement de Quimper; chef-lieu de canton; sur le Saint-Laurent, le Saint-Jean, le Moros et le Minaoüet.

Superficie : 4108 ha.

Population : environ 1700 hab. vers 1780, 4745 hab. en 1878; 8007 hab. en 1906; 17801 hab. en 1968; 19 040 hab. en 1979; 17894 hab. en 1982; 18 989 hab. en 1990; 19453 hab. en 1999; 

Blason; Armoiries

* Froger et Pressensé : "d'hermine à trois haches d'armes de gueules, posées en pal et rangées en fasce". Dessinateur : Robert Louis. P.F. 26 janvier 1989 (Armorial de 1696).

* Editions Flohic : "les haches d'armes symbolisent les puissantes défenses de la ville qui gardaient la côte méridionale de la Bretagne, représentée par le champ d'hermines". 

Paroisse : église sous le vocable de saint Guénolé.

Histoire

* Ogée (1780) : Concarneau; ville et port de mer, par les 6° 15' 3" de longitude, et par les 47° 53' 4" de latitude , à 4 lieues 1/2 de Quimper, son évêché , et à 35 lieues de Rennes. Cette ville a un gouverneur particulier, une juridiction royale qui ressortit au siège présidial de Quimper, une communauté de ville avec droit de députer aux Etats de la province, une subdélégation, deux postes, l'une aux lettres et l'autre aux chevaux; un marché par semaine, un hôpital de l'ordre de Saint-Thomas, et une seule paroisse, qui est trêve de celle de Beuzec-Conq, et qui peut contenir, y compris les faubourgs, 1700 habitants.

Nous avons peu de choses à dire sur cette ville, malgré les recherches que nous avons faites.

M. Belot, son maire, a bien voulu nous aider de ses lumières : nous lui devons rendre cette justice, qu'il s'est prêté avec beaucoup d'honnêteté et de zèle à nous donner toutes les connaissances qu'il a pu acquérir sur cet objet; mais les archives de Concarneau ont été si mal tenues autrefois, qu'elles n'ont presque rien laissé d'intéressant; il a fallu nous borner à ce qui suit. Concar, fils d'Urbien, qui était en concurrence avec Gralon, fils d'Alain II, pour la souveraineté de la Bretagne, jeta, l'an 692, les premiers fondements de Conkernos ou Concarneau*, dans l'île de Kunq, ou autrement Conq, qu'il avait conquise sur les Pictes, peuple barbare. Elle ne renferme que deux cents toises dans toute sa longueur, sous une forme tout-à-fait irrégulière; mais ce qui la dédommage, c'est qu'elle est plus avantageusement située pour la défense qu'aucune autre ville de Bretagne, au milieu d'une anse qui a plus de trois cents toises en tous sens, dans laquelle la mer entre par un canal de cent toises de longueur, à toutes les marées, qui couvrent toute cette anse, dont le fond est de sable. Elle est en outre fortifiée d'un rempart très-épais, flanqué de huit à neuf grosses tours, et entourée des eaux de la mer. Au dehors de ce rempart sont les faubourgs et plusieurs villages qui couvrent toute l'anse. Le plus considérable de ces derniers est celui de Sainte-Croix, par lequel on entre dans la ville, au moyen d'un pont-levis qui se trouve sur le chemin qui conduit à Quimper. Le port est très-beau; et tient aux remparts avec une jetée de lierres à laquelle il y a une petite entrée pour les barques et petits vaisseaux. Le principal commerce des habitants consiste dans la pêche de la sardine, qu'on y apprête, et dont la consommation se fait dans le royaume. L'an 1557, le roi Henri II accorda à Concarneau, comme quatrième place forte de Bretagne, le droit d'abattre le Papegault. On y trouve la haute, moyenne et basse-justice de Coatcon, à M. de Chef-Fontaine; et celle de Kergunus, à M. de Pontcalec.

i

Atlas de Louis XIV

* Marteville et Varin (18943) : CONCARNEAU; ville (sous l'invocation de saint Guénolé; pardon d'un jour à la fête de ce saint); commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui cure de 2è classe; chef-lieu de perception ; bureau de poste; bureau d'enregistrement; bureau des douanes; brigade de gendarmerie à pied. — Limit. : N. Beuzec-Conq : E. Lanriec; S. et O. Baie de-la-Foret. — Princip. vill. : Loguellou. — Superf. lot. : 127 hect., dont les princip. divis. sont : ter. lab. 34 ; prés et pat. 5; landes et incultes 9; sup. des prop. bât. 4; cont. non imp. 75. Const. div. 251. >>> Nous vous déjà donné, à l'article Cancale (voy. ce mot) , l'étymologie de Concarneau; nous croyons qu'il n'en existe pas de plus rationnelle. — Concarneau est une ville remarquable par sa position, isolée sur un îlot, au fond d'une baie qui communique à celle de la Forêt. Ce point, jadis un des plus forts de la Bretagne, pourrait encore être utilement fortifié, car les remparts actuels ne sont pas à la hauteur de la science moderne. Ces remparts ont du reste d'une grande épaisseur, et l'un des basons est attribué à la reine Anne. — La citerne est aussi ne construction fort curieuse. — Cambry fait observer que presque partout ces fortifications ont été faites avec un ciment ou mastic très-fréquent dans le Finistère, et que l'on retrouve à Brest dans les fondations de l'ancienne machine à mater. Ce ciment est composé, selon le même auteur, de granit pilé, chaux vive et quelque blancs d'œufs. — Le port de Concarneau, récemment amélioré par des quais et des cales, est vaste et d'un bon mouillage: il pourrait, dit-on, contenir de 250 à 300 barques et plusieurs navires de 4 à 500 tonneaux; mais l'entrée en est dangereuse à cause des rochers qui le barrent au sud, et qui portent le nom de Roches de Penro. Malheureusement ce port est encombré par les sables qu'y jette sans cesse la petite rivière de Moreau. — Concarneau est dan une situation favorable pour faire le commerce : cependant l'on ne s'y livre guère qu'à la pèche de la sardine et à celle du merlus. Quand l'une d'elles ne réussit pas, la misère se fait sentir. — Année commune, Concarneau exporte de 15 à 20,000 barils de sardine; une partie est anchoitée, c'est-à-dire traitée et conservée à peu près comme les anchoix de la Méditerranée. Cette pêche occupe de juin à novembre les deux tiers de la population; l'autre tiers se livre à la pêche du poisson plat et va le chercher jusque dans la baie d'Audierne. Environ soixante ateliers sont affectés à la presse et à la salaison; on fait aussi dans tous de l'huile de sardine. Cette grande occupation enlève même les femmes aux travaux de la terre, et cependant celle-ci est profonde et d'excellente qualité.— Les artistes recherchent à Concarneau plusieurs vieilles maisons fort curieuses; malheureusement les ruines de sa vieille église gothique ont été remplacées par une église moderne qui ne mérite aucune attention. — Ce fut à Concarneau que le vaisseau le Vétéran, sur lequel était Jérôme Bonaparte, trouva un asyle contre les Anglais qui le poursuivaient avec acharnement. On n'eut pas égard à l'offre hardie du capitaine Segond, qui proposait de faire entrer ce vaisseau à Brest, malgré la flotte anglaise, et l'on établit pour le défendre contre l'ennemi des batteries fort dispendieuses. — La route départementale n° 1, du Finistère, dite de Hennebont à Brest, traverse Concarneau, et la route n° 11, dite de Rosporden à Concarneau, vient y aboutir. —II y a foires les 11 février, mai, août et novembre; le lendemain si l'un de ces jours est férié. — Géologie : le gneiss domine, surtout dans le nord ; cependant il y a quelques points de granite amphibolique, ainsi que des curites et des diorites; enfin l'on prétend que l'on trouve des grenats dans le granite. — Archéol. : Alb. de Morlaix, p. 60; Dom Morice, Preuves, t. III, col. 518, 641, 675 , 695, 729 , 799, 800. — On parle le breton et le français.

>>> En octobre 1789, Concarneau envoie des troupes à Lannion pour délivrer le convoi de grains qui y était arrêté par le peuple. — 1702, les élections de district y font naître des troubles. — 1793, le capitaine Scanvic, à son retour de la côte de Bordeaux, où il avait déposé dix Girondins, est forcé par les vents de relâcher à Concarneau, et de remettre à l'agent républicain les lettres des fugitifs à la famille de la Hubaudière, de Quimper, chez laquelle ils avaient trouvé un asyle. [Voy. la suite de ce fait au mot Quimper.) — Pendant la famine les habitants partagent la ration déjà réduite du soldat.—  An 8, les chefs rebelles dirigent vers la côte de Concarneau un convoi d'armes qu'ils ont soustrait aux conditions de la pacification.                                                                 E D. V.

* Cambry : 

"Quelques jours après ce voyage à Penmarc'h, je me rendis à Concarneau.

L'îlot sur lequel est établie la ville, n'a que quatre cents pas de longueur sur cent-vingt de large. Il est environné de fortifications, de murs épais, d'une redoute construite, dit-on, par la reine Anne. A mer basse, on peut en approcher du côté de l'Ouest; on s'y rend en traversant le Chenal de l'Est, au moyen d'un bac souvent entraîné par les courans. On porte à quarante mille francs la dépense nécessaire pour établir un pont sur la rivière Moreau, près de Bégalano; ce travail nécessiterait l'établissement d'une route d'un quart de lieue de Concarneau jusqu'au pont de Minaouet.

Les collines voisines dominent Concarneau; avant l'invention du canon, cette place ne pouvait être enlevée que par surprise. On en répara les fortifications très-anciennes, elles me paraissent ainsi que la belle citerne, dont j'ai parlé dans mon compte rendu sur l'état des monumens du Finistère, du même architecte que le château de Rustéphan. 1

Le port a cent toises de large et deux cent soixante de long, le mouillage en est bon, mais difficile pour les navigateurs étrangers qui ne connaissent pas les roches de Penro, elles ne sont couvertes que de quatre à cinq pieds d'eau dans la pleine mer; la plus élevée qu'on appelle roche Plate est la plus dangereuse : on pourrait aisément la faire sauter. Le port peut contenir trois cents barques, quelques bâtimens de cinq à six cents tonneaux. Les grosses frégates ne pourraient mouiller qu'au-dessus de la roche Penro.

On devrait terminer les quais de Concarneau; faute de cale les matelots sont obligés de se jeter à l'eau pour débarquer leur poisson.

Les frégates les plus fortes pouvaient s'y retirer : il y a trente ans que les sables apportés par la rivière de Moreau, encombrent le bassin. On ne peut le curer qu'à l'aide de machines.

----------

l. Ces deux ouvrages d'architecture n'ont pas le moindre rapport l'un avec l'autre. Les fortifications de Concarneau paraissent accuser l'an 13oo pour époque de leur construction. On a détruit la belle tour octogone qui en était le donjon. (F.)

----------

p. 355.

Vingt-quatre mille francs suffiraient aux dépenses essentielles de ce port.  1

Jadis une tour de la commune de Beuzec servait de remarque aux marins, le tonnerre l'a renversée, elle n'est pas relevée; on en désire la reconstruction.

Tous les pavés de la ville, même de l'île, sont à rétablir; dans les grandes marées il y a jusqu'à trois pieds d'eau dans la rue principale.

Il serait à souhaiter qu'on fit quelque plantation sur le quai de cette commune.

Le commerce de Concarneau occupe environ trois cents bâtimens à la pêche de la sardine; on en prend, année commune, de douze à quinze mille barils, et jusqu'à trente mille dans les années abondantes, sans y comprendre sept à huit mille barils de sardines anchoitées. Les chasse-marées de la côte de Vannes en enlèvent une égale quantité pour les porter à Nantes, à la Rochelle, à Bordeaux; des chevaux en transportent dans l'intérieur des terres; c'est une manne inappréciable dont les produits peuvent quadrupler : elle procure une nourriture abondante, substantielle, agréable, aux habitans les plus pauvres de la campagne.

Dans le printems, on fait ici la pêche du merlus, on le prend la nuit à la ligne. Cet animal, desséché, salé, se conserve comme la morue, dont il a le goût et la délicatesse.

Toute espèce de pèche se pratique d'ailleurs dans ces parages; plus de quatre-vingts bâtimens de Concarneau parcourent habituellement la côte et les Glénans, où le poisson est délicieux, et dans une grande abondance.

La ville est située de manière à pouvoir s'adonner à toute espèce de commerce. On n'y trouve d'autres établissemens que des presses à sardines.

Le pays est entouré de bois, mais les réquisitions, les désordres de l'administration des bois et forêts, les commissaires envoyés par la marine, nuisent tellement à leur circulation, que la municipalité ne peut elle-même s'en procurer. Tous les bois de Fouénant ... 

----------

1 Les quais et la jetée do port de Concarneau sont aujourd'hui achevés. ( F. )

----------

p. 356 

... et des cantons environnans s'embarquent dans l'anse de la Forêt pour Groix, Belle-Ile, etc. Cette baie de la Forêt est vaste et belle. On prétend que les eaux qui la forment ont noyé de grands arbres, dont les troncs s'aperçoivent encore à marée basse. L'aspect de ce bassin est imposant, l'œil est conduit en suivant le rivage jusqu'aux Glénans, petit archipel détaché de la grande terre, qu'on aperçoit dans le lointain.

La baie de la Forêt fournit une prodigieuse quantité de gibier de mer, canards, barnaches, penru, canes royales, judèles, oies sauvages, macreuses, plongeons, goélands, bécasses de mer, hérons, cormorans, etc.

Il y a peu de coquilles sur ces rives; on en recueille de curieuses aux Glénans, les rochers sont de granit. Sur la route de Rosporden, à une demi-lieue de Concarneau, on trouve une belle agrégation de pierres schisteuses et de quartz, propres à l'architecture.

Les côtes sont plates, en général, moins garnies de rochers que dans le reste du Finistère, la mer y bat avec moins de fureur, ses progrès dans les terres sont manifestes. Une plage sur laquelle on dansait, il y a quarante ans, à toutes les noces d'artisans, n'offre à l'œil que des rochers et des brisans. Les terrains qui dominent le rivage sont très-féconds, ils produisent quelques cidres et peu de légumes ; la baie de la Forêt (sur un fond de sable ) pourrait mettre une escadre en sûreté.

La tradition rapporte qu'on allait jadis à pied sec, de la pointe de Bemeil à l'île-aux-Moutons, une des îles des Glénans séparée présentement par une grande lieue de mer, et par une profondeur de treize brasses d'eau.

Le climat de ces contrées est tempéré, mais venteux, pluvieux et variable.

On manque de moulins dans les environs de Concarneau.

Il existe un seul moulin à eau dans la commune de Trégunc; les meuniers, de dix lieues à la ronde, apportaient jadis des farines à Concarneau; cette dernière commune ne renferme point de terres cultivées; elle est nourrie par Trégunc, où toutes les espèces de grains réussissent, le reste du canton ne produit que peu de froment, point de miel et point d'orge.

----------

p. 357 

On sera surpris de ne trouver dans une ville de guerre, ni pompe à feu, ni sceaux pour les incendies, et dans un port de mer qui donne quatre cents hommes à la marine actuelle, ni maître de mathématiques, ni maître d'hydrographie.

Le citoyen Laporte, chirurgien, homme de mérite, désirerait qu'on lui donnât le jardin de l'hôpital, pour élever quelques plantes médicinales, cet hôpital, petit, est en mauvais état; il n'est garni que de sept ou huit lits. Si quelque militaire tombe malade, on est contraint, au péril de sa vie, de le transporter à Quimper.

Point de fontaine dans Concarneau, même dans les faubourgs, on fait une lieue pour trouver une eau saumâtre, mélangée d'eau de mer dans les grandes marées. Sous la place même, il existe des sources de quatre pieds de profondeur; on n'a pas encore eu l'industrie d'en tirer parti, d'y creuser un bassin, de le remplir au moyen d'une pompe. Les marins trempent leurs barils dans la fontaine unique de Saint-Jacques; les écailles de poisson, le sang, la rogue s'y mélangent. Avec quelque soin et peu de dépenses, on pourrait se procurer une fontaine, un lavoir, un abreuvoir dont il est impossible de se passer. Les chevaux périssent ici par la petite quantité, par les mauvaises qualités des eaux.

La prison a besoin de réparation; croirait-on qu'une ville murée soit sans casernes; le cimetière est dans l'intérieur de cette petite commune. On y trouve au moins un honnête instituteur, le citoyen Bailleux, mais pas d'institutrice, quoiqu'on pût lui fournir plus de cent vingt élèves.

Le peuple de ces cantons est gai, ses mœurs sont douces, il a le sang très-beau et le tempérament robuste.

Konc fut l'ancien nom de Concarneau ; les premiers tems de son histoire sont ignorés; en 1373, le connétable Du Guesclin s'en empara. La garnison fut. passée au fil de l'épée.

En 1489, le vicomte de Rohan assiégea cette ville, elle ne tarda pas à capituler; elle fut donnée au duc de Mercœur en i585; elle avait été surprise le 17 janvier 1676, par trente gentilshommes du pays qui professaient la religion réformée, ligués avec les protestans de la Rochelle. Deux heures après elle fut investie par huit mille hommes, on eût eu peine à les forcer sans Charles-le-Blois, ...

----------

p. 358

... marchand de Quimper, qui poignarda dans son lit le s.r de Kermahouet 1, saisit les clefs qu'il avait autour des bras, et fut ouvrir les portes de la ville. Les calvinistes furent tous égorgés.

On a prétendu qu'autrefois, le jour de la Fête-Dieu, pendant la procession du Saint-Sacrement, autour de Concarneau, la mer se retirait pour lui faire place, s'il arrivait qu'elle fût pleine au moment où cet acte pieux s'exécutait. Ce fait est imprimé dans la géographie de Philippe-le-Briel, t. i. Il cite un procès-verbal fait à l'occasion de ce miracle, par un évêque de Quimper.

Le citoyen le Beau, résidant à Concarneau, a fait des recherches sur l'histoire de Bretagne, il place dans le deuxième siècle des Pictes sur les rochers sauvages de la ville qu'il habite; il serait curieux de lire ses observations, de connaître surtout les sources dans lesquelles il a puisé ce fait particulier, original. Sans doute, à toutes les époques, les marins des côtes de Bretagne, du monde entier, ont marqué leurs peaux de quelques caractères; j'ai vu sur le poignet et sur le sein de quelques gens de mer, des triangles, le pentalpha, les images du soleil et de la lune, l'étoile du matin, la croix, etc., etc. Mais des Pictes semblables à ceux de l'île de Bretagne , venus de ce pays, établis à Concarneau ou naturels du pays à cette époque; c'est un point d'histoire aussi curieux qu'inconnu aux plus patiens scrutateurs des faits du moyen âge. J'invite le citoyen le Beau à donner les notes qu'il m'a promises sur ce fait, à la réalité duquel mes lecteurs auront peut-être la témérité de ne pas croire avant d'avoir examiné ses preuves.

Les îles des Glénans sont à trois lieues et demie de la pointe de Trevignon, à quatre lieues et demie du fond de la rade de la Forêt et de la pointe de Penmarc'h : elles sont au nombre de neuf; les autres ne sont que des rochers.

La plus voisine de Concarneau, à quatre lieues de cette ville, s'appelle Penfret. Sa circonférence est de trois quarts de lieue, sa longueur d'un quart de lieue, sa plus grande largeur de quatre à cinq cents pas. Au milieu de cette île est un puits d'eau douce, ... 


I C'est Kermassonet et non pas Kermahouet, qui était alors gouverneur de Concarneau. J'ai donné, tom. I, pag. 3l5 et suivantes de mes Antiquités du Finistère, un récit détaillé de la prise et de la reprise de Concarneau en 1576, extrait du manuscrit original du chanoine Moreau, historien de la Ligue en Bretagne. (F.)

----------

p. 359

... on y compte quatre anses; la meilleure est celle de Porniqueul dont le mouillage est bon sur un fond d'herbe et de vase. — Les bateaux y sont en sûreté dans les beaux tems, mais elle est dangereuse dans les coups de vents : elle est située dans le Nord-Ouest.

L'île Guyotec est à quatre cents pas de Penfret; on peut y mettre des bestiaux : elle n'a point d'anses où les bateaux puissent être à l'abri des orages.

L'île Guinenek a cent cinquante pas de circonférence; elle est à douze cents pas de Guyotec, et n'est d'aucun rapport.

L'île du Lock est une des plus grande des Glénans, elle contient un étang de deux cents pas de long sur cent cinquante de large, dont les eaux sont saumâtres. Sa circonférence est d'une demi-lieue : elle est située dans l'Est, Sud-Ouest de l'île de Penfret.

L'île Drenec a tout au plus quatre cents pas de long.

L'Ile Saint-Nicolas n'est séparée de la précédente que par un espace de deux cent cinquante pas. Sa circonférence est d'une demi-lieue, elle a quatre cents pas dans sa plus grande largeur; on y trouve encore quelques vestiges d'habitations, entre autres un puits d'eau douce assez bonne. Cette île sert de mouillage et de lieu de repos à tous les pêcheurs des Glénans; elle peut être cultivée; ses terres porteraient de beaux grains et d'excellens légumes. Pendant la dernière guerre, des corsaires, espèces de forbans, s'y réfugièrent.

L'île de la Cicogne sépare les Glénans en deux parties égales; elle les domine : on l'appelle la Chambre ou le Havre. Le lieu du mouillage peut avoir huit cents pas de long sur quatre cents de large; le fort construit sur cette île bat toutes les entrées de la passe du Nord qu'on nomme Minangroëze; celle de l'Est appelée Pennamine, la passe de l'Ouest dite Beguellech, toutes celles enfin qui permettraient à des corsaires d'aborder cet archipel et de s'en emparer; il est défendu par cinquante hommes de garnison.

Toutes ces îles sont environnées de rochers dangereux; elles ne peuvent être pratiquées que par des pilotes du pays....

Le citoyen K___ propriétaire des Glénans, pourrait en tems de paix en tirer un grand parti, il se contente d'y élever quelques bestiaux et d'y faire faire de la soude; de grands troupeaux s'y 

----------

p. 360

... nourriraient. On y pourrait établir des presses et des magasins, saler, sécher une prodigieuse quantité de poissons, récolter les plus beaux fromens, cultiver les meilleurs légumes; l'asperge y croît spontanément, une multitude de lapins vivaient sur ces îles, il n'y a pas trente ans; on en trouve, mais en moins grande quantité. La cane royale, le plus bel oiseau de l'Europe, paraît naturel à ces îles.

Elles furent habitées jadis; des marins attestent avoir vu à une demi-lieue dans l'Ouest de l'île-aux-Moutons un mur, une grande voûte faite de main d'homme à 26 pieds de profondeur sous l'eau, on ne les aperçoit que dans les plus grands calmes. Dans l'étang de l'île du Lock ils ont vu des pierres druidiques. A quelle antiquité incommensurable, ces monumens de la Bretagne ne transportent-ils pas notre, imagination ? Ils précèdent les plus grandes révolutions du globe. On se souvient des déluges de Deucalion, d'Ogygès, de l'époque ou l'Océan communiquait par l'Isthme de Suez à la Méditerranée, de celle où les eaux de la mer Noire, de la mer Caspienne réunies noyaient toute la Tartarie; et l'époque des immenses révolutions de nos rivages disparaît dans la nuit des temis; elles sont là, comme témoins de l'éternelle durée de notre globe, et quand par des calculs aussi certains que ceux du chanoine Récupero sur les irruptions du Vésuve, nous essayons de les fixer, une série de chiffres incalculables nous fait abandonner la plume. C'est compter les grains de sable du rivage, et les gouttes d'eau de l'Océan.

Une grande route en bon état, mais montueuse, conduit de Concarneau à Quimper. Je quitte cette dernière commune avec regret, j'en aime le séjour, j'en aime les habitans. J'ai des preuves irréfutables de la bonté, de la douceur, du caractère de ce bon peuple. Quand les malheureux fugitifs du 31 mai se répandirent dans les départemens, poursuivis, rebutés, trahis; ils ne trouvèrent de retraite que dans le Finistère, qu'à Quimper; on les reçut, on les logea, on les servit avec délicatesse. J'ai vu le trou de Louvet, à Penhars; j'ai vu la maison qu'habitait Barbaroux, il y fut attaqué de la petite vérole; pour comble d'infortune et de danger le feu prit à cette maison; sans le courage, l'activité et le zèle de quelques braves il devenait la proie des flammes ou des bourreaux qui le cherchaient. Nos infortunés députés trouvèrent là des amis assez courageux pour leur offrir un bâtiment, pour les porter au sein de leur patrie ingrate; ils y périrent en regrettant et les généreux habitans de Quimper, et les hommes du Finistère.

* Adolphe Joanne. 1878.

"Les fortifications, fondées, dit-on, par la reine Anne, ont été récemment refaites en partie; quelques portions de mur remontent au XIVè s.; la citerne est remarquable par ses dimensions. --- Vaste établissement de pisciculture, fondé par M. Coste. Les bassins, au nombre de six, occupent une superficie totale de 1,000 mèt. carrés. Trois de ces bassins sont consacrés aux poissons et trois aux crustacés. 10 à 15,000 homards sont nourris dans les viviers. Au premier étage des bâtiments adjacents, un laboratoire, fourni de tous les instruments de dissection et d'observation, est ouvert aux savants du monde entier".

i

1878

* Robida : La Bretagne. (1890).

De Rosporden, Une petite ligne ferrée conduit maintenant à Concarneau, la si curieuse ville de pêche située sur la verdoyante et riante baie de la Forest, diminutif de la baie de Douarnenez, ouverte comme une conque marine entre Concarneau et Fouesnant.

Concarneau a une physionomie bien particulière, Concarneau est double, il y a la ville nouvelle de terre ferme, la ville sardinière du faubourg Sainte-Croix, beaucoup plus considérable que l'autre partie, et la Ville Close, le bloc aux murs de granit, le vieux Concarneau insulaire, bâti dans une île plate, enfermé dans une étroite ceinture de remparts que la mer entoure complètement.

Sainte-Croix, le faubourg moderne bâti sur une pointe au tournant de la baie de la Forest, n'a pas le moindre intérêt artistique; c'est la ville vivante et très remuante quand les bateaux sont à quai et tous les marins à terre, la ville du commerce et des sardineries. Le port s'ouvre entre Sainte-Croix et la Ville Close, le long du quai s'alignent des centaines de bateaux sur plusieurs rangs, serrés et embrouillés, tout grouillants de matelots occupés à préparer, arranger ou raccommoder les filets et engins de pêche. Ces bateaux sont tous pareils, avec deux mâts portant ici, en guise de voiles, leurs grands filets à mailles minces suspendus pour sécher.

Sur le quai, c'est le même mouvement, une animation plus bruyante, des allées et venues de marins, des groupes de femmes de pêcheurs et des ribambelles de moussaillons de toute taille, errant ou courant ça et là, sautant du quai dans les bateaux et des bateaux sur le quai, tous matelots, depuis celui qui finit à peine de téter, jusqu'au grand qui fume la pipe d'un air grave et important.

Les femmes de pêcheurs, jeunes ou vieilles, en corsages coquets à entournures de velours, ou bien en jupes passées et rapiécées, ont toutes les belles coiffes à grandes ailes et de grandes collerettes plissées très blanches, la coquetterie des Bretonnes du Finistère. Les matelots n'ont pas autant de tournure, ils n'ont rien gardé de local dans l'aspect; l'air loup de mer des marins de la côte normande leur manque môme souvent; leurs barques d'ailleurs ne sont pas les grandes carcasses noires de goudron des pêcheurs normands, étendant sur les vagues de vastes ailes rousses, elles sont petites et minces et filent coquettement avec de petites ailes blanches.
Etrange végétation du côté de la plage encaissée derrière les sardineries, on dirait des algues couleur de rouille, des ronces ou des chardons bizarres étendant de longues pointes ! Vue de près, cette végétation couvrant de broussailles épineuses les petits murs de terre qui bordent les jardins, on s'aperçoit qu'elle est tout simplement fermée de découpures de boîtes à sardines, de longs enroulements de lianes de fer-blanc rouillé. Un lit de terre, un lit de découpures de boîtes, un lit de terre et encore des broussailles de fer-blanc, voici la bordure de la plage et sa végétation.


LA PORTE ET LE PONT A CONCARNEAU

*****

Sur les rochers de la pointe, en tournant sur la baie, près d'une vieille chapelle isolée, se trouve l'établissement de pisciculture fondé par M. Coste, le vivier-aquarium où débattent dans les bassins en communication avec la mer, poissons, homards et langoustes.

La Ville Close, entourée de bateaux, surgit assez mélancoliquement de l'eau dans son rigide corset de murailles grises. C'est un îlot irrégulier à fleur des vagues, rattaché à la terre sur la face ouest, par un long pont coudé, fortifié au milieu par une petite barbacane crénelée, après laquelle la porte s'ouvre, braquant à son sommet une large embrasure da-ns un gros rempart, au pied d'une forte tour.

C'est sur sa face nord que la Ville Glose se présente avec le plus de caractère et le plus d'originalité, montrant après une forte échauguette carrée sur l'angle au-dessus du pont, tout le développement de ses murailles flanquées de grosses tours rondes.

La ville elle-même ne se voit pas, c'est à peine si quelques toits et quelques cheminées dépassent par endroits le sommet du rempart, sous le clocher de l'église; c'est tout, rien ensuite que de l'eau, montant ou descendant suivant la marée, clapotant sourdement au pied du sombre paquet de remparts de la silencieuse et presque morne vieille forteresse, rattachée seulement à la vie par le pont là-bas.


CONCARNEAU. PORTE DE LAURIEC

*****

La Ville Close à l'intérieur ne se compose pour ainsi dire que d'une seule rue, la rue Vauban, aboutissant à la place Saint-Guénolé et à l'église, moderne et franchement laide, derrière laquelle une butte où s'arrondissent quelques verdures d'arbres domine l'entrée du port.

Outre sa porte principale devant le faubourg de Sainte-Croix et une poterne, la Ville Close a encore une autre porte à l'extrémité de la rue Vauban, la porte de Lauriec pittoresquement ouverte sur un étroit bras de mer et faisant comme une petite crique rocheuse au pied des murailles, avec des bateaux attachés aux rochers, des filets qui sèchent, des gens qui débarquent et tout le petit mouvement d'un passage fréquenté, regagnant derrière les maisons de l'autre côté la route de Pont-Aven.

Concarneau par sa position insulaire fut une des plus fortes places de Bretagne et défia souvent les efforts de ceux qui l'assaillirent. Cependant Du Guesclin bien qu'il ne pût facilement la prendre corps à corps, l'enleva d'assaut aux Anglais qui la gardaient.

La plus mémorable aventure de ce petit Saint-Malo de Cornouaille fut le coup de main de 1576, si hardiment tenté par trente cavaliers calvinistes. C'est un des épisodes les plus curieux de ces guerres de surprises, de coups de fortune soudains et de bouleversements rapides. Dans l'enchevêtrement des partis en Bretagne, ligueurs ou royalistes se disputant et s'arrachant successivement chaque ville et chaque lambeau de pays, comme jadis les partisans de Blois et ceux de Montfort, quelques gentilshommes calvinistes complotèrent de s'emparer de Concarneau et de se faire de ces bonnes murailles et de cette porte sur la mer, une petite Rochelle communiquant facilement avec la grande cité huguenote.

Un matin de janvier 1376, comme les gens de Concarneau se reposaient en toute tranquillité, trente cavaliers conduits par Lorriac de Kermassonnet, arrivèrent sans être signalés devant Concarneau. La troupe s'étant embusquée sur le rivage, un des cavaliers marcha tranquillement vers la porte, descendit de cheval, et demanda, une lettre à la main, à parler au capitaine de la ville. Tout en causant avec le portier, il laissa tomber sa lettre. Comme il s'y attendait, le portier se baissa machinalement pour la ramasser. Tout aussitôt le huguenot le jeta à terre d'un coup de dague et dans le même instant les autres cavaliers se précipitèrent sur la porte et s'en saisirent.

Ils avaient ville gagnée, Concarneau était à eux, toute la difficulté maintenant était de la conserver jusqu'à l'arrivée des secours attendus de la Rochelle. Kermassonnet et ses compagnons ne perdirent pas une minute, ils désarmèrent les gens de la ville, enfermèrent les uns, chassèrent les autres et se partagèrent la garde des remparts.

Cependant, sur le bruit de la surprise, les ligueurs des environs étaient bien vite accourus pour reprendre la ville si témérairement enlevée. L'attaque s'organisa et les trente calvinistes assiégés furent bientôt sur les dents. Pas de repos possible en cette situation, les trente braves ainsi aventurés avaient besoin de toute leur énergie, de tout leur courage et d'une vigilance de tous les instants pour se maintenir dans leur conquête, pourvoir à la garde des prisonniers et défendre tours et remparts. Pendant cinq jours ils réussirent derrière leurs bonnes murailles à braver les efforts des ligueurs, mais il fallait encore du temps avant que l'on put voir les navires des Rochellois cinglant dans la baie.

Une nuit, accablés par la fatigue, le chef calviniste Kermassonnet et un autre gentilhomme prenaient quelque repos dans la maison d'un nommé Le Bris; Kermassonnet dormait avec les clefs de la grande porte passées au poignet et ses armes près de lui. Le Bris qui guettait l'occasion, se glissant dans la chambre, se saisit des poignards des dormeurs et les leur planta d'un seul coup dans la poitrine; laissant les deux huguenots mourants, il arracha les clefs et se dissimulant dans l'ombre, marcha vers la porte de la ville. Un calviniste de garde au rempart aperçut cette ombre suspecte; il descendit bien vite et lui courut sus, mais Le Bris eut le temps d'ouvrir la porte que les ligueurs accourus au bruit occupèrent aussitôt. Concarneau était repris.

Après ces côtes d'aspect sauvage, les découpures farouches de la pointe du Raz et les grèves sinistres de Penmarch, à l'extrémité de ce département du Finistère aux aspects si extraordinairement variés, où l'on va de la désolation des falaises de granit assiégées par les vagues tourbillonnantes, à la poésie des petites criques de sable dormant dans le bleu sous les ombrages suspendus au rocher, après la mélancolie des vieilles murailles de Concarneau autour desquelles tourne la brise âpre de la mer, on trouve Quimperlé, l'un des sites les plus délicieux de la Bretagne..." 

 

En 1944, elle sert de forteresse secondaire aux Allemands, qui s'y replient en partie à partir du 3 août, sur ordre du général en chef Fahrmbacher.

 

Patrimoine. Archéologie

seules les fenêtres ouvertes ont des liens actifs

La ville close Ar bourg
Le port Ar borzh
Eglise saint Guénolé Iliz sant Gwenole
Eglise Notre-Dame de Lorette, à Lanriec Iliz Itron Varia Lotetta, e Lanrieg
Eglise saint Budoc, à Beuzec-Conq Iliz sant Budog, e Beuzeg-Konk 
Chapelle Notre-Dame du Portal  
Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours, dite de la Croix  
Chapelle de Lochrist (XVIIIè) Chapel Lokrist
Chapelle de la Trinité Chapel an Drinded
Dolmen de Keristin-ar-Hoat-Milieu  
Fort du Cabellou (1746)  
Caserne Hervo (XVIè)  
Château de Keriolet Kastell Kerioled
Château et chapelle de Lesnevar Kastell ha chapel Lesnevar
Moulin du chef du Bois Milin Penn ar C'hoad
Phare de l'île Penfret Tout-tan enez Penfret
Musée de la Pêche Mirdi ar Besketerezh

Étymologie

* Ogée (1780) : "Concar, fils d'Urbien, qui était en concurrence avec Gralon, fils d'Alain II, pour la souveraineté de la Bretagne, jeta, l'an 692, les premiers fondements de Conkernos ou Concarneau*, dans l'île de Kunq, ou autrement Conq, qu'il avait conquise sur les Pictes, peuple barbare".

* Marteville et Varin (1843) : "Nous vous déjà donné, à l'article Cancale (voy. ce mot) , l'étymologie de Concarneau; nous croyons qu'il n'en existe pas de plus rationnelle".

* Dauzat et Rostaing (1963-1978) : "Konk Kernv, la baie de Cornouaille".

* Gwenc'hlan le Scouëzec (1997) : "Concarneau porte en breton le même nom que Le Conquet : Konk, en breton, qui veut dire coin. Pour les distinguer, on désigne le premier par Konk Kerne, "Konk de Cornouaille", d'où l'on a fait Concarneau, et le second par Konk-Leon, "Konk du Léon".

* Bernard Tanguy : 

Ev. de Cornouaille; trêve de Beuzec-Conq; égl. Saint-Guénolé.

Conc, 1279; Chonc, v. 1330; Conq, 1407; Concarneau, Concqkerneau, 1489; breton Konk.

Ancienne trêve de Beuzec-Conq, Concarneau a englobé en 1945 cette paroisse, qui avait été agrandie en 1791 de sept villages appartenant au secteur de Trévidiern. Comme ses homonymes Beuzec-Cap-Sizun et Beuzec-Cap-Caval, aujourd'hui en Plomeur (cf. ces noms), elle a pour éponyme et pour patron saint Budoc, dont le nom apparaissait autrefois également associé au vieux-breton lis, les, dans Lesbeuzec, village appelé maintenant Keramporiel. C'est à l'îlot fortifié, formant aujourd'hui la Ville close, situé dans une anse qui communique avec la baie de La Forêt par un chenal, que s'est attaché le nom de Conc. Ce terme, à l'origine également du nom du Conquet, en breton Konk, de l'île Concq, en Penmarc'h, et de Cancale (I.-et-V.), avait en vieux-breton le sens de "coin, angle". Plus satisfaisant paraît être le rapprochement qui a été proposé avec le gaélique cong "détroit, goulet", d'une part, le lat. concha "cuvette" et, par extension "baie, anse", d'autre part, acceptions qui conviennent l'une et l'autre au site.

Le qualificatif de Kerneo qui sera adjoint au toponyme, nom breton de la Cornouaille procédant du vieux-breton Cornovia, servit à le distinguer de son homonyme du Léon. Si, au XIe siècle, dans la mention du "lieu de Saint-Guénolé en Beuzec" (locum S. Uuingualoei in Buduc), prieuré de l'abbaye de Landévennec et future église tréviale, il n'est fait aucune allusion à Conc, ce nom est dès le XIVe siècle associé à celui de la paroisse, dite en 1325 Buezec Conc, v. 1330 Bozoc Chonc, témoignage de l'importance prise par la ville.

Châtellenie ducale, sans doute déjà muni de fortifications au XIIIe siècle, le lieu sera pourvu d'une enceinte aux XIVe et XVe siècles et verra se développer à l'ouest le faubourg de Sainte-Croix, partagé entre les quartiers de Pénéroff (du domaine royal) et de L'Aire-l'Evêque, en breton Leur an Eskop (du domaine épiscopal).

************

* Erwan Vallerie (1995) : Concarneau. Trev Beuzec-Conq, 29 Kernev. Brezhoneg SMI Konk-Kerne.

& Conq 1289; Chonc, c 1330; Conk 1355; Quonc 1365; Concq 1368; Conc 1371; Conq 1379; Concq 1380; Conq, c 1420; Conq 1442; Concq 1457; Conq 1457; Conq 1476; Concqkerneau, Conq, Concarneau 1489; Concq 1516; Conq 1533; Conq 1564; Conquarneau, Conq, Conqkerneau 1636; Conckerneaw 1636; Concarneau ou Conq 1731. 

************

* Daniel Delattre (2004) : "Conc au XIIIè. Conq au XVè. Conk-Kerné, qui signifie port de Cornouaille. Kunc fut également un des anciens noms de Concarneau, dont l'origine est inconnue".

Personnes connues Tud brudet
   

Vie associative Buhez dre ar gevredadoù
Fête des Filets Bleus  

Almanach du Marin Breton. 1899.

 

 

Communes du canton de Concarneau Parrezioù kanton Konk-Kernev
Concarneau Konk-Kernev
Trégunc    

Communes voisines de Concarneau Parrezioù tro war dro Konk-Kernev
La Forêt-Fouesnant / Ar Forest Saint-Ivy Melgven Trégunc

Sources

* OGEE : Dictionnaire de Bretagne; 1780; 

* Chevalier de FREMINVILLE : Antiquités de la Bretagne. Côtes du Nord. 1837. Réédition Slatkine Reprints. 1980.

* A. MARTEVILLE et P. VARIN : continuateurs et correcteurs d'Ogée; 1843.

* Adolphe JOANNE : Département du Finistère. Hachette. 1878.

* Almanach du marin breton. 1899.

* A. ROBIDA : La Bretagne. 1890.

* Albert DAUZAT et Charles ROSTAING : Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France. Librairie Larousse, 1963; Librairie Guénégaud, 1978.

* Editions ALBIN-MICHEL : Dictionnaire des communes de France. 1970.

* Erwan VALLERIE : Traité de toponymie historique de la Bretagne. (3 volumes). Editions An Here. 1995.

* Gwenc'hlan LË SCOUEZEC : Le guide de la Bretagne. Coop Breizh, Spézet. 1997.

* Éditions FLOHIC : Le patrimoine des communes du Finistère; 1998.

* Michel FROGER et Michel PRESSENSE : Armorial des communes du Finistère. Froger SA. 2001.

* Daniel DELATTRE : Le Finistère. Les 283 communes. Éditions Delattre. 2004. 

Retour en tête de page