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Noms de lieux * Anoioù lec'hioù

Noms de personnes * Anaoioù tud

Breizh

Bretagne

Bro Sant-Brieg

Pays de Saint-Brieuc

Bro-Ouelo

Pays de Goëlo

Eskopti Dol

Evêché de Dol de Bretagne

  Saint-Quay-Portrieux

Sant-Ke-Porzh-Olued

 

pajenn bet digoret an 30 Kerzu 2014 page ouverte le 30 décembre 2014

* forum du site Marikavel : Academia Celtica 

dernière pise à jour 10/01/2015 18:49:57

Définition : commune de la Bretagne historique, en Goëlo; évêché de Saint-Brieuc. 

Aujourd'hui dans la région économique dite "de Bretagne", département des Côtes d'Armor, arrondissement de Saint-Brieuc; canton d'Etables-sur-Mer; sur la rive ouest de la baie de Saint-Brieuc.

Superficie : 387 ha.

Population : 16000 'communiants' vers 1780; 2595 hab. en 1878; 2577 hab. en 1881; 2977 hab. en 1982; 3379 hab. en 1990; 3114 hab. en 1999;

Armoiries; blason

* Régis de Saint-Jouan
* Éditions Flohic : "il évoque le voyage de Saint-Quay vers les côtes armoricaines". d° St-Jouan
* Daniel Delattre : "d'or à un navire de gueules équipé de sable, voguant sur une mer d'azur; au chef d'azur chargé d'une crosse issant d'or, accostée de six mouchetures d'hermine d'argent, posées 2 et 1, de chaque côté"  
* Froger et Pressensé (2008) : "d'or à un navire de sable, équipée, aux voiles carguées d'argent, flammé d'azur et pavillonné parti d'azur et d'or, voguant sur une mer de sinople; au chef d'azur chargé d'une crosse épiscopale d'or accostée à dextre et à senestre de cinq mouchetures de contre hermines posées en sautoir". Navire (Lymphad) et crosse évoquent saint Quay, évêque venu d'Irlande au VIène siècle.
* Jean-Claude Even (2015) : proposition de synthèse

Paroisse : église sous le vocable de 

Histoire

Le territoire de Saint-Quay-Portrieux fait partie du Pagus-Vellavensis ( <Goëlo), dans la confédération armoricaine des Ossismes.

Ce secteur semble être distrait du territoire des Ossismes, pour être attribué à celui des Curiosolites, vers la fin du IVè ou au début du Vè siècle, dans le cadre de la réorganisation administrative et économique de la baie de Saint-Brieuc.

Vers 385, Maxime, reconnu empereur, établi une principauté au nord de la cité des Ossismes, dont l'embouchure de l'Ic sert de point de limite à l'est. (cf. triangulation de Nennius) 

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Extrait de : Genèse de la Bretagne armoricaine.

 A l'époque de l'organisation de la Bretagne armoricaine, le territoire de Saint-Quay fait partie du plou- de Plourhan. 

Saint-Quay est issue d'un démembrement, au XIIIè siècle, de Plourhan, son plou- breton primitif.

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* Ogée (1780) : Saint-Quay; dans un fond, au bord de la mer; à 18 lieues à l'O. de Dol, son évêché [aujourd'hui Saint-Brieuc]; à. 23 lieues de Rennes, et à 3 lieues de Saint-Brieuc, sa subdélégation et son ressort. On y compte 1600 communiants. Les Bénédictins de Léon se prétendent les présentateurs de la cure, dont l'évêque diocésain s'attribue aussi la collation. Il s'y tient tous les ans une foire remarquable par la grande quantité de fils et de bestiaux qui s'y vendent. Le territoire, borné au nord et à l'est par la mer, est bien cultivé et produit beaucoup de grain, surtout du froment. On trouve dans l'anse de Saint-Quay du sable magnétique, noir, brillant, et aussi pesant que la limaille de fer. Les naturalistes l'appellent ferrugineux *, et il est fortement attiré par la pierre d'aimant; il n'entre cependant pas en effusion [fusion] au feu des fourneaux; sa nature est à peu près la même que celle du granit, espèce de pierre très-commune en ce pays, qui ressemble beaucoup au granit qu'on trouve si abondamment en Egypte*. En 1500, les maisons nobles de l'endroit étaient : la Ville-Morio, au sieur de la Roche-Jagu; les Fontaines et Miniliy, à Jacques Bertho.

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* Marteville et Varin (1843) : SAINT-QUAY (canton d'Etables); commune formée de l'anc. par. de ce nom; aujourd'hui succursale. — Limit. : N.-E. et E. la mer; S. Etables; O. Plourhan; N.-O. Tréveneuc. — Princip. vill. : la Horvais, Kertugal, Porcuro, le Tertre la Rue, les Boucavignons, le Minihy, Ville-Robert, Ville-Aujarl, les Landes, Ville-Mario, Ruello, Ville-Sero, la Ville-d'Enhaut, les Besaces, la Ruloie, Ville-Fréhour, le Portrieux. — Superf. tot, 360 hect. 92 a., dont les princip. div. sont : ter. lab. 313; prés et pât. 3; bois 4; verg. et jard. 3; landes et incultes 7; sup. des prop. bât. 8; cont. non imp. 22. Const. div. 469; moulins 2 (à vent, de Malgrétous, de Saint-Michel). Le bourg de Saint-Quay, situé à l'une des extrémités ouest de la baie de Saint-Brieuc, compte une quarantaine de maisons. — Tout près de l'église est la chapelle de Notre-Dame de la Ronce, jadis objet d'un culte très-assidu de tous les marins. A environ 800 m. au sud du bourg est le village de Portrieux, dit aussi «port de Saint-Quay». Ce village, où il y a un bureau des douanes, un maître de port et un pilote, était, dans la Révolution, l'un des points de débarquement des émigrés qui entretenaient des relations entre Jersey et la côte de Bretagne. Une demi compagnie de soldats républicains étaient établis à Saint-Quay. Peu de temps avant l'expédition de Quibéron, les émigrés formèrent à la Ville-Mario un rassemblement de paysans, que l'on comptait armer avec les fusils que les Anglais devaient débarquer (V. Habasque, t. 1, p. 339 et suivantes). — La garnison de Saint-Brieuc, prévenue à temps, vint renforcer celle de Saint-Quay, et le rassemblement de la Ville-Mario fut attaqué au moment où il se mettait en campagne, dans un désordre résultant de la sécurité. — Quelques hommes lui furent tués, et la débandade se mit dans cette troupe irrégulière. Les Anglais se montrèrent quinze jours après cette rencontre, dans laquelle périt un chouan nommé Grégoire, et surnommé Rodrigue, homme aussi brave que cruel. — Le Portrieux n'a qu'une chapelle, dédiée à sainte Anne; ce bourg, jadis nommé ville, se compose de trois ou quatre petites rues et de quelques maisons groupées autour du port, que protège un môle terminé en 1824, et qui a coûté plus de 200,000 fr. L'année même où il était achevé, la mer, qui se brise en cet endroit avec fureur, par certains vents du nord, y causa pour 33,000 fr. de dégâts. La mer monte dans ce port de 11 m. au dessus des plus basses marées; donc, même dans celles dites de morte-eau, il y a 4 a 5 m. d'eau dans le port, ce qui permet aux plus forts navires de commerce soit d'entrer, soit de sortir, avantage immense pour le commerce de la baie de Saint-Brieuc. — Le Portrieux, l'un des premiers points où a commencé la spéculation de la pêche de la morue, envoie encore chaque année huit ou dix navires à Terre-Neuve. — La rade, éloignée du port d'environ 900 m., est protégée par une chaîne de rochers qui se prolonge à plus de deux lieues dans la mer, en formant une suite d'îlots dits «îles de Saint-Quay ou de Portrieux». C'est de cette rade qu'appareillent tous les navires de la baie de Saint-Brieuc destinés a la pêche de la morue. — D'après l'état de la navigation pour 1841, il était entré cette année, à Portrieux, 124 navires venant d'Angleterre et 1 de Norwège; les premiers représentaient un total de 3,011 tonneaux. — 8 navires avaient été dans la même année expédiés de ce port pour la pêche de la morue; ils représentaient 1,234 tonneaux, et comptaient 634 hommes d'équipage. Enfin, 126 bâtiments étaient partis pour l'Angleterre, chargés de 3,068 tonneaux. Le mouvement des marchandises par le cabotage s'élevait, dans la même année 1841, à 640 tonneaux d'exportation, savoir entre autres : huîtres 577; grains et farines 116: bois communs 23; fruits et semences 13; pommes de terre et légumes secs 11. Ces objets étaient principalement expédiés, à Saint-Vast 370; la Richardais 125; Cette 95; Bordeaux 74; Paimpol 69; le Légué 23, etc. — Les importations s'élevaient à 981 tonneaux, entre autres, sels 749; cidre et poiré 82; matériaux 58; bois 43; houille 14; vins 13, etc. — Ces objets provenaient notamment : des environs de Marseille 600; du Pouliguen 80; d'Ars 79; de Plouer 84; de Port-Launay 58; de Cherbourg 25, etc. Ainsi, le mouvement total de Portrieux a été, en 1841, de 4,000 tonneaux d'entrée, et de 3,908 de sortie; mouvement total, environ 8,000 tonneaux. Portrieux compte 42 bâtiments, jaugeant en tout 1,595 tonneaux. — Plusieurs petites batteries protègent Saint-Quay et Portrieux; elles seraient évidemment insuffisantes dans le cas d'une guerre maritime aidée de la vapeur. — Foire à Saint-Quay le deuxième lundi de janvier, le premier de juin, le quatrième de septembre; le lendemain, si l'un de ces jours est férié. — Géologie : granité; sable tétanifère. — On parle le breton et le français.

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Maires de Saint-Quay : 

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stèle à la mémoire de ceux du Viking

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Ile de la Comtesse

Patrimoine. Archéologie

seules les fenêtres ouvertes ont des liens actifs

Le bourg Ar bourg
Église saint Quay (XIXè) Iliz
Tertre des druides (2000-4000 av. J.-C.)  
Chapelle Notre-Dame-de-la-Ronce (démolie en 1875)  
Chapelle Sainte Anne de Portrieux (reconstruite en 1770)  
Chapelle saint Michel

remplacée par un moulin à vent en 1875

 
Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde de Kertugal (1828)  
Chapelle Saint-Marc (XIè, XVIè)  
Château du Ruello (de la Ville-Mario) XIVè  
Manoir du Tertre (1448)  
Manoir des Fontaines (1483)  
Manoir de la rue Louais (1528)  
Manoir le Minihy (1536)  
Manoir de la Ville-Fréhour  
Fontaine Saint-Quay (1862)  
Ile de la Comtesse, 

(comtesse des Thuilais, propriétaire à la fin du XVIIIè)

 
Moulin à vent (1875)  
Stèle du Viking (c. 1945)  

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carte postale de la plage. 1931

la plage. 2009

Portrieux

* Gustave GEFFROY : La Bretagne. 1905.

- p. 72, 73, 74, 75, 76 : 

     "La côte, en allant de Portrieux à Saint-Quay, décrit une courbe sillonnée d'échancrures qui sont des grèves, dont la plus vaste est celle de Saint-Quay, protégée par des murs de rochers qui reçoivent l'assaut des vagues. Le lieu appelé le Corps de garde, pointe avancée où se postent les douaniers, servit, pendant la Révolution, à une compagnie de partisans dite Royal-Carnage qui prit part à l'affaire de la Ville-Mario, où trois cents républicains combattirent deux mille paysans bretons commandés par des émigrés. La Ville-Mario était jadis le siège d'une baronnie et n'est plus aujourd'hui qu'une ferme abritée par une ruine entourée de murailles. C'est un endroit délicieux que cette Ville-Mario avec sa grande allée de hauts arbres, ses entours de chemins creux si solitaires et si mystérieux. J'v ai goûté un vrai repos loin du bruit des villégiatures et des commérages de la plage.

      Ici, le double caractère de la Bretagne apparaît nettement, la côte transformée par une population nouvelle, l'intérieur des terres gardant sa solitude et sa sauvagerie.

     Il en est ainsi partout où campe la population des bains de mer, entre Saint-Malo et Roscoff, Pornichet et Douarnenez. C'est le pullulement, c'est la foule. Tous les soirs, tous les matins, de juillet à septembre, aux gares qui avoisinent les côtes, les trains déversent des familles chargées d'appareils de photographie, de bicyclettes et de filets à crevettes. Les diligences, les omnibus, les voitures de toutes formes, chargées d'édifices de bagages, montent et descendent les routes, traversent les villages, les champs, de merveilleux paysages, les plaines dorées et fleuries du blé, du seigle, de l'orge, du sarrasin. Les couleurs se croisent, se confondent. Les formes magnifiques et solides des terrains répondent aux formes féeriques et fluides des nuages. Il y a dans l'air une immense promesse de tranquillité pour l'esprit fatigué des villes.

     Les touristes qui arrivent au trot nerveux des chevaux maigres passent, pour la plupart, à travers ces splendeurs, avec les seules préoccupations de la longueur de la route et de l'heure de l'arrivée. Ils sont fatigués par le voyage en chemin de fer, par la chaleur, ils ont hâte de connaître leur gîte et de passer de la table au lit. Ce qu'ils viennent presque tous chercher, c'est la continuation de leurs habitudes, la rencontre des gens qu'ils connaissent, la suite de leurs conversations. Sous leur influence, le décor de la côte, aux alentours de la bourgade qu'ils ont choisie comme station, s'est transformé rapidement et de la plus médiocre manière. Ils n'ont pas eu le souci de se mettre à l'unisson du style du pays et d'employer les matériaux dont se servent les bourgeois et les paysans de l'endroit. Ils pouvaient construire des maisons du même genre, en pierres grises et rousses rejointoyées d'un crépi blanc, et les faire à leur guise, plus spacieuses, avec de plus larges ouvertures, des ailes en retour pour se préserver des vents de la mer et protéger leurs pelouses et leurs plates-bandes. Ces belles maisons, carrées, trapues, massives, sont en accord avec les formes des rochers et des falaises. Mais leur simplicité ne peut agréer à nos baigneurs, avides de manifester leur goût architectural. Ils sont bientôt imités, et c'est le malheur, par les gens du pays qui veulent louer des maisons pendant le temps des bains, et font désormais bâtir sur les modèles offerts à leur naïveté admirative et à leur fièvre de spéculation.

     Aussi, ce ne sont partout que constructions prétentieuses et baroques, les folles maisons de campagne des environs de Paris, les chalets suisses, les manoirs anglais, les châteaux-forts minuscules avec ponts-levis et tourelles, courtines et mâchicoulis, créneaux et meurtrières. Des hommes de commerce et de finance s'installent derrière ces murs de carton-pierre, dans ces tours à poivrières, sur ces plates-formes féodales. Ils descendent de leurs donjons en costumes de bicyclistes et de chauffeurs d'automobiles, et s'installent sur la plage. La plage est le grand lieu de réunion, l'endroit où chacun passe la revue de tous. Il y a bien encore du sable, des rochers et de l'eau, mais ces cabines, cette foule, ces maisons juchées sur les falaises donnent je ne sais quel air artificiel à la nature environnante. Les rocs les plus farouches semblent des portants de théâtre, et l'on croirait la mer peinte, avec le ciel, sur une toile de fond.

     La côte normande a ainsi son prolongement en Bretagne. On peut prévoir le jour où des casinos seront installés à la pointe du Raz et à Penmarch, par^ni les villas parisiennes et les maisons mauresques. Bientôt, la presqu'île sera cernée, la villégiature d'été aura ses positions parallèles à la ligne des récifs qui hérissent la mer. Le monde des baigneurs aura pris possession des plages et clés routes qui les desservent.

     Parfois, sur cette grande route devenue banale, un être singulier apparaît. C'est quelque vieille femme, harassée de fatigue, qui se traîne, appuyée sur un bâton et tâtant le mur. La voici encore, qui s'est laissée tomber sur les marches de granit d'un calvaire. Les promeneurs passent devant elle sans s'arrêter, peut-être sans la voir. Pourtant il n'est pas de plus poignante, de plus émouvante apparition. Ah! la triste vieille! qu'elle est terrible et expressive dans sa décrépitude inconsciente! Vêtue de noir, d'un noir roussi et verdi par le soleil et par la pluie, des sabots aux pieds, et sur la tête une coiffe blanche, lavée et empesée quand même par ses maigres mains tremblantes, elle apparaît comme une statue des temps anciens. Elle n'aurait vraiment rien de commun avec nous tous qui passons devant elle, si quelques-uns ne se sentaient tout à coup émus par je ne sais quel ressouvenir atavique en l'apercevant. Cette mendiante, qui meurt de faim et de fatigue, qui penche vers le sol une face osseuse, plus usée que les pierres du calvaire, qui lève parfois vers le passant des yeux presque éteints où il y a encore une pure lueur bleue de ciel et de mer, cette vieille mendiante est une aïeule. Elle vient du fond du passé avec son vêtement noir roussi et verdi, avec sa coiffe restée blanche, immaculée, et qui s'envole encore, qui palpite au vent, au-dessus de la pauvre tête desséchée, du visage couleur de terre. Elle a cinq cents ans, elle a mille ans, que sais-je? elle est la sœur des femmes gothiques sculptées aux porches obscurs des cathédrales, elle date d'avant les sculptures. D'où surgit-elle donc sur cette route de promenade, parmi les bicyclistes ? Nul ne sait d'où elle sort, nul ne la verra disparaître. Au soir, elle tournera l'angle d'une muraille, elle suivra la pente d'un sentier et s'évanouira comme une ombre parmi les ombres.

     Si vous voulez, non pas la retrouver dans la retraite où elle va s'enfouir, mais vous perdre au pays où elle se perd, quittez, aux heures du matin ou du crépuscule, votre villa, votre plage, votre route, tournez aussi l'angle de la muraille, suivez la pente du sentier: vous allez connaître un pays d'enchantement et de sortilèges, où il n'y a que la nature pour sorcière et pour fée.

     A quelques pas, les dernières maisons quittées, les premiers champs traversés, des silhouettes d'arbres semblent faire des signaux au promeneur solitaire. Des ormeaux tortillards sortent des haies au-dessus des talus, des fossés, se penchent, se courbent, se cassent en zigzags, rampent, se dressent en silhouettes qui regardent de tous côtés, qui épient, qui chuchotent, lorsque le vent rebrousse leurs feuilles. Je réponds à leurs invites, je vais vers eux, je descends au sentier creux qu'ils bordent, et me voilà bientôt parmi le lacis des chemins pierreux, sous les branches entre-croisées.

     Les arbres, au long de ces chemins, de ces sentiers, au bord des champs, se multiplient, donnent l'illusion d'une forêt. Les feuillages deviennent plus noirs. Les troncs sont blancs, gris, violacés, comme les pierres. Auprès d'eux, précisément, semblables à eux, des pierres moussues, étoilées de parasites, blocs de rochers, débris de pierres sacrées, restes de châteaux et de chapelles. Tout est repris par la terre, fait partie du sol, tout est emporté par le même mouvement rythmé auquel semblent obéir les champs qui montent et qui descendent, les routes tournantes. Sur toutes choses, lu violence d'une rude végétation, la ronce et l'aubépine, l'églantier et l'ajonc. De grandes étendues de landes aux fleurs d'or, de bruyères où les fleurs rosés se mêlent aux (leurs couleur de rouille. Puis les couverts bocagers recommencent.

     Soudain, au-dessus des basses verdures, une haute colonnade d'arbres s'aligne comme les piliers d'une cathédrale, en deux, trois, quatre rangées. Ce sont de grands ormes envahis de mousse et de lierre, maigres de feuillages aux branches inférieures, la tète épaissie et étalée. Entre leurs fûts, des sentiers d'herbe rase serpentent. A l'extrémité de leur net et de leurs bas-côtés, une formidable ruine, envahie par la végétation, barre le chemin de la vision. De plus près, c'est une basse muraille, d'une épaisseur singulière, trouée d'un porche, ornée" de quelques courbes romanes ou d'un commencement d'ogive. La terre et les plantes grimpantes montent à l'assaut des blocs. La ligne d'un sentier se contourne à travers les herbes. Des tracés d'ancien parc se devinent à l'alignement des arbres qui émergent des taillis. Un profond fossé se creuse, celui des anciennes douves, il est tout envahi de feuilles, de fleurs, d'épines, d'arbustes, d'arbres. Au fond, dans la terre restée grasse, des iris gigantesques. Partout, dans l'atmosphère bleue et verte, entre les arbres du talus et les arbres qui jaillissent des douves, au plus profond de l'obscurité comme dans les trouées de lumière, toutes les couleurs et toutes les lueurs.

     Il faut marcher, et marcher longtemps à travers ce hallier, écarter les broussailles, franchir des haies, pour revoir les pleins champs et le plein ciel, tout un pays de verdures sombres, d'allées entre-croisées, d'amas de verdures où se révèlent, par un angle de pierre, une rondeur de tourelle, des ruines semblables à celle-ci. Ça et là une chaumière au toit fauve, couleur du sol. L'immobilité, le silence, la stupeur. Des silhouettes passent lentement, une coiffe blanche voltige au-dessus d'une haie. Un attrait invincible retient le voyageur sous les hauts arbres de l'allée, le ramène au porche ruiné. Il pénètre en écartant les ronces, gravit des éboulis de pierres, se hausse à une échancrure de muraille, plonge ses regards dans un verger abandonné. S'il reste là quelques instants, il n'entend que des bourdonnements d'insectes, le glissement d'un reptile, le bruit de la chute d'un fruit mûr parmi les graminées. S'il essaie encore d'avancer, il trouve une végétation impassible et hostile, inextricable. Tout repose d'un sommeil magique, dans cette survivance des choses mortes.

     Cette magie éparse gagne le visiteur curieux. Il se demande si la vieille mendiante aperçue sur la route, et dont l'ombre s'est dissoute dans le soir, n'est pas la fée qui règne sur ce domaine endormi. Peut-être, en marchant bien doucement, en respirant à peine, en pénétrant au fond de ces antres et de ces ruines, trouverait-il une belle jeune fille qui dort depuis des siècles, la princesse des contes d'autrefois, l'âme ancienne de cette Bretagne embrumée de rêves qui appelle vers elle et invite au néant les passants nostalgiques, les imprudents qui viennent errer dans le labyrinthe de ses chemins et frôler ses verdures.

     C'est la forêt des enchantements, c'est le jardin fermé, — c'est le pays de la Belle au Bois dormant.

     Plus vous pénétrez dans ce pays, plus la vétusté et le sommeil des choses apparaissent. Je me souviens d'une promenade faite de Saint-Quay à Lanvollon, ....(etc.)

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Chemin côtier

Étymologie

* Régis de Saint Jouan : 

* Bernard Tanguy :

* Éditions Flohic (1998) : "de saint Ke, surnommé "Coledoc", chéri".

* Hervé Abalain (2000) : 

* Daniel Delattre (2004) : 

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- JC Even : 

Personnes connues Tud Brudet
Louis MALBERT (1882 / 1949)

commandant du remorqueur de sauvetage l'Iroise

 
RUELLAN

peintre

 

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Stèle MALBERT

Vie associative Buhez dre ar gevredadoù
   

Communes du canton d'Étables sur Mer Parrezioù kanton Staol
Binic Binig
Étables-sur-Mer Staol
Lantic   Lantig
Plourhan    
Saint-Quay-Portrieux Sant-Ke-Porzh-Olued

Communes limitrophes de Saint-Quay-Portrieux Parrezioù tro war dro Sant-Ke-Porzh-Olued
       

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Sources; bibliographie

* OGEE : Dictionnaire de Bretagne; vers 1780.

* A. MARTEVILLE & P. VARIN (continuateurs d'Ogée), 1843.

* Anonyme : Dictionnaire des communes des Côtes du Nord. 1860.

* M.N BOUILLET : Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Hachette. 1863.

* Adolphe JOANNE : Département des Côtes du Nord. Hachette. 1878.

* Adolphe JOANNE : Département des communes du département des Côtes du Nord. 1886.

* Gustave GEFFROY : La Bretagne. Librairie Hachette. 1905. Réédition Jean-Pierre Gyss. 1981.

* Librairie LAROUSSE : Petit dictionnaire illustré. 1979; 

* Éditions ALBIN-MICHEL : Dictionnaire des communes de France. 1970.

* Michel de la TORRE : Guide de l'art et de la nature. Côtes du Nord. Berger-Levrault éditeur. 1978.

* Michel de la TORRE : Guide de l'art et de la nature. Côtes du Nord. Nathan. 1985.

* Jean-Claude EVEN : Kavell ar Vro. 1987.

* Régis de SAINT-JOUAN : Dictionnaire des communes. Département des Côtes d'Armor. Éléments d'histoire et d'archéologie. Conseil Général des Côtes d'Armor. Saint-Brieuc. 1990.

* Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992

* Éditions FLOHIC : Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. 1998.

* Hervé ABALAIN : Les noms de lieux bretons. Universels Gisserot. 2000.

* Daniel DELATTRE : Les Côtes d'Armor. Les 372 communes. Éditions Delattre. 2004.

* Michel FROGER et Michel PRESSENSE : Armorial des communes des Côtes d'Armor et Ille et Vilaine. 2008.

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Liens électroniques des sites Internet traitant de Saint-Quay-Portrieux / Sant-Ke-Porzh-Olued

* lien communal : 

* Office de Tourisme de Saint-Quay-Portrieux : 02.96.70.40.64

- mail : tourisme@saintquayportrieux.com

- site Internet : www.saintquayportrieux.com

forum de discussion

* forum du site Marikavel : Academia Celtica

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